• Quand les parkings de centre-ville ne tiennent pas leurs promesses

    "No parking, no business", répétait à l'envie l'un des apôtres de la vente moderne. Cette formule, appliquée à la grande distribution, a fait son chemin jusqu'à nos centres-villes...

    "No parking, no business", répétait à l'envie l'un des apôtres américain1 de la vente moderne. Cette formule, appliquée à la grande distribution, a fait son chemin jusqu'à nos centres-villes où nombres de commerçants réclament avec insistance à leurs édiles la possibilité pour leurs clients de se garer aux portes de leurs magasins.

    Mais d'après une étude de l'ADEME2 et de la FUBicy3, le dynamisme des commerces de centre-ville et de proximité n'est pas forcément lié à leur accessibilité en voiture.

    L'étude montre tout d'abord que les propriétaires ou gérants de magasins, mais aussi les élus et les professionnels du transport sous-estiment le nombre de clients qui se rendent dans ces établissements à pied ou en vélo. Elle révèle que près de 60% des clients sont de piétons ou des cyclistes.

    L'enquête aborde également les dépenses réalisées selon le mode de déplacement. Si l'automobiliste dépense davantage à chaque visite, le piéton ou le cycliste dépense plus sur une semaine car il se rend de façon plus régulière et plus fidèle dans plusieurs magasins rapprochés du centre-ville. Proximité et rapidité sont deux aspects déterminants dans le choix de ces modes de déplacement.

    Dépenses selon le mode de déplacement (Source FUBicy)

    Par conséquent, l'équation plus de parkings = meilleures affaires est loin d'être probante. On oublie un peu vite que les voitures sont dévoreuses d'espace, qu'elles soient à l'arrêt dans un parking ou en mouvement dans les rues d'accès. (Une place de parking=10m2 ; un emplacement dans un parking=25m2, dégagement compris). Cet espace est donc utilisé au détriment des autres modes de déplacement.

    Pour terminer, l'étude aborde également les enjeux sociaux et environnementaux des modes doux de déplacement. Quand la voiture passe son chemin en laissant derrière elle son nuage de pollution, le piéton ou le cycliste crée du lien social et œuvre pour une ville plus saine. 

    Et l'étude de conclure:

    "Les ressources des villes étant limitées, il convient en principe d'évaluer l'utilité relative des deniers publics investis dans différents types d'aménagements de façon à se rapprocher d'une certaine rationalité budgétaire. A ce jeu, il est probable que les aménagements en faveur des usagers non-motorisés apparaîtraient souvent les plus rentables. En particulier, l'aire piétonne circulée ou la zone 30 bien aménagée permettent la cohabitation de tous les usagers de la voirie et de tous les usages de la ville et contribuent au développement de l'activité commerciale."

    Notes:

    1. Bernardo Trujillo

    2. ADEME : (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) Commerces de centre-ville et de proximité et modes non-motorisés, Publication Ademe n°4841, 2003

    3. FUBicy : Fédération des Usagers de la Bicyclette

     Résumé de l'étude disponible ici.

     


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